Votre phobie n’est pas une fatalité. Voici comment je vous en débarrasse.

Illustration phobies Fleurs du Népal Grasse

Pourquoi une phobie est-elle si irrationnelle… et pourtant si puissante ?

Araignées, serpents, avion, autoroute, ascenseur, vertige, foule, vomir…

Lorsque l’on souffre d’une phobie, on entend souvent les mêmes remarques :

  • « Tu sais bien qu’il n’y a aucun danger. »
  • « Contrôle-toi ! »
  • « Respire, ce n’est que dans ta tête. »

On essaie toujours de raisonner une personne qui a peur, mais la peur ne se raisonne pas. 

La peur est utile : Elle nous préserve des dangers vitaux et ce, depuis des millions d’années. Lors de la présence d’un danger, l’amygdale cérébrale envoie un signal par le système nerveux afin que notre corps réagisse en urgence (s’immobiliser, combattre ou fuir), sans intervention de la réflexion.

La personne victime de phobie sait parfaitement que son cerveau exagère la situation. Pourtant, au moment où elle est confrontée à l’objet de sa peur, son corps réagit comme si sa vie était en danger de mort.

Le cœur s’emballe, la respiration s’accélère, les muscles se tendent, les mains deviennent moites, l’envie de fuir est irrépressible.

La logique ne fonctionne plus, parce que devant un danger vital, nous sommes programmés pour réagir immédiatement et donc sans intervention de la réflexion. Pour la personne phobique, ce système de survie s’emballe.

Une phobie n’est pas un manque de volonté

Une phobie n’est ni un caprice, ni due à un manque de caractère.

C’est un mécanisme de survie qui s’active… et qui continue ensuite à se déclencher automatiquement.
Le cerveau émotionnel lance une alerte maximale alors qu’il n’existe pas de danger à la mesure de la réaction déclenchée.
C’est précisément pour cette raison qu’il est si difficile de « se raisonner ».

On ne décide pas de ne plus avoir peur.

Quand la phobie devient un véritable handicap

Au début, on évite simplement quelques situations. Puis, progressivement, les évitements deviennent de plus en plus fréquents, sur de plus en plus de situations.

Je rencontre régulièrement des personnes qui ont dû modifier profondément leur quotidien :

  • ne plus emprunter les autoroutes ;
  • renoncer aux voyages en avion malgré des obligations professionnelles ;
  • des professionnels du bâtiment qui ne peuvent plus monter sur une échelle à cause du vertige ;
  • éviter les ascenseurs, les tunnels ou certains magasins.

Ces stratégies permettent de diminuer l’angoisse sur le moment… mais elles entretiennent la phobie sur le long terme. L’évitement génère un cercle vicieux, qui entretient, voire aggrave le phénomène. 

La liberté de vivre se réduit peu à peu.

Ce que cache en réalité une phobie

L’un des aspects les plus surprenants de mon travail est que l’événement à l’origine de la phobie n’a souvent aucun rapport apparent avec celle-ci.

Le cerveau ne mémorise pas uniquement des faits.

Il mémorise également des émotions, des sensations corporelles et surtout le sentiment vécu au moment d’un événement marquant.

Une situation actuelle peut alors réactiver ce même ressenti, même si le contexte est complètement différent.

C’est pourquoi le travail thérapeutique ressemble dans ces cas là à une véritable enquête.

L’histoire d’une claustrophobie… qui ne parlait pas des magasins

J’ai accompagné une femme retraitée, très dynamique, qui ne pouvait plus entrer dans certains magasins. Depuis toujours elle avait de l’appréhension d’être enfermée, mais sans que cela ne la gène réellement dans son quotidien.
Mais depuis peu, le phénomène empirait et devenait paralysant. 
Avant d’aller faire ses courses , elle devait maintenant programmer son parcours pour être sure que les magasins qu’elle avait besoin de fréquenter possédaient bien des fenêtres. Ce qui excluait bon nombre d’entre eux.
Elle avait l’impression d’être prisonnière. Coincée. Sans issue.

Cette phobie était devenue très handicapante puisqu’elle limitait fortement ses déplacements et son autonomie, et contraignait son mari à prendre le relai sur certaines tâches.

En explorant son histoire, nous avons découvert que ce sentiment d’être « prisonnière » est apparue récemment dans une tout autre situation. Depuis plusieurs années, la relation avec son fils était fortement restreinte par l’intervention d’une tierce personne.

Elle se sentait bloquée, impuissante, privée de toute possibilité d’agir.

Le cerveau avait associé symboliquement cet enfermement relationnel à l’enfermement dans des lieux clos, sans possibilité d’issue et faisait vivre physiquement de l’étouffement.

Traiter la cause profonde grâce à la Dmoka®️

Notre cerveau est incroyable : Il utilise un leurre (l’objet de la phobie) pour manifester une peur qui n’a qu’une relation symbolique avec la peur fondamentale.

Lorsque l’on ne traite que le symptôme, le cerveau continue souvent de protéger la personne contre un danger… qui n’a rien de vital.

En revanche, lorsque l’événement initial est identifié puis retraité, cette alarme peut perdre sa raison d’être.

C’est tout l’objectif du travail que je réalise grâce à la Dmoka®, une technique issue de l’EMDR.

Cette approche permet de désensibiliser le souvenir à l’origine de la réaction émotionnelle afin que le cerveau cesse d’activer automatiquement le mode « survie » face à une situation qui n’est pas réellement dangereuse.

Chaque personne est différente, et le nombre de séances nécessaires dépend notamment de l’histoire de vie et de la complexité de la problématique. L’objectif est de retrouver au plus vite sa totale liberté.

Retrouver sa liberté

Une phobie n’est pas une fatalité.

Derrière une peur apparemment irrationnelle se cache souvent une histoire qui, une fois désensibilisée, permet au cerveau de retrouver un fonctionnement rationnel. Le cerveau arrête de réagir en mode survie, il peut repasser en mode serein.

Ne plus vivre sous le joug de ses peurs, c’est retrouver le plaisir de voyager, de travailler, de faire ses courses, de sortir avec insouciance ou simplement de vivre librement.

Une émotion quelle qu’elle soit ne se raisonne pas. On n’essaie pas de canaliser un coup de foudre amoureux ! 

Donc arrêtons de mettre du mental et de culpabiliser face à une émotion envahissante. L’EMDR a ceci de spécifique qu’elle désamorce l’émotion tsunami en passant par le corps. Pour la phobie, désensibiliser la peur sous-jacente, réelle cause de la phobie, permet d’assainir définitivement. 

Suivi éventuellement de quelque(s) séance(s) d’hypnose pour supprimer le réflexe d’appréhension devenu automatique avec l’objet de la phobie et la liberté reprend toute sa place.